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Oussama Ben Laden
est une figure étrange et complexe qui, dès qu’on la regarde
de plus près, échappe à la caricature qu’en ont systématiquement
donné les américains depuis dix ans. Encore une fois, s’il
est malaisé de deviner la vérité derrière le théâtre
destiné au public, il n’est pas impossible de mettre à bas
un certain nombre de contrevérités assénées par
l’administration Bush devant la scène internationale. «
Comment un type sous dialyse terré dans une grotte d’ Afghanistan
a-t-il pu diriger et superviser pendant deux ans les activités
de dix neuf terroristes aux États-Unis, organiser aussi
impeccablement le détournement de quatre avions ? » ironise
Mickael Moore en mettant le doigt sur une des incongruités qui
jalonnent l’histoire d’ Oussama.

Les Ben Laden appartiennent au clan des Hadramis installés dans
la région d’Hadramut au Yémen. Son père a émigré en
Arabie Saoudite puis construit le Saudi Bin Laden Group qui pèse
plusieurs milliards de dollars. Comme donnée d’entrée, on
peut admettre que lorsque la royauté saoudienne, gardienne des
lieux saints de La Mecque et de Médine, exporte le wahhabisme,
son interprétation de l’ Islam, dans d’autres pays musulmans
à l’aide de sa fortune pétrolière, Oussama participe de
cette action de fond en jouant sur plusieurs registres. Ceci
n’est guère récusable.
En 1980, Oussama Ben Laden s’associe activement à la résistance
afghane contre l’occupation soviétique, avec les
moudjahiddins, les combattants de Dieu. Mais cette guerre est également
la guerre des États-Unis contre l’empire soviétique. Les américains
ont dépensé environ un milliard en armes et en matériel, et
pour chaque dollar que la CIA a investi en Afghanistan pour déloger
les soviétiques, l’ Arabie Saoudite en a dépensé autant, écrit
Ahmed Rachid dans un livre sur la montée des Talibans.
Les bases américaines en territoire saoudien ont été
construites en 1980 par des sociétés saoudiennes, dont celle
du Bin Laden Group, pour la somme astronomique de 200 milliards
de dollars. Les cris d’ Oussama à propos du viol de la terre
sacrée d’ Arabie, font référence à des évènements qui, en
réalité, l’ont enrichi.
Richard Labevière, journaliste d’investigation de haute
renommée en Suisse, a rapporté les preuves qu’Oussama avait
été hospitalisé durant deux semaines en juin 2001 à l’hôpital
américain de Dubaï, aux Emirats Arabes Unis, et soigné par le
chirurgien Terry Callaway, histoire confirmée par plusieurs
agences de presses. L’agent local de la CIA, Larry Mitchell,
lui a rendu visite à cette occasion, une information reprise
par de nombreux journaux, y compris Le Figaro du 31 octobre 2001
sous la plume d’Alexandra Richard. Oussama Ben Laden est-il réellement
rejeté par l’ensemble de sa famille tel que
l’administration américaine a voulu le présenter à la face
du monde? Si oui, alors comment se fait-il qu’il ait reçu,
durant son hospitalisation à Dubaï en 2001, la visite des
membres de sa famille ainsi que des Saoudiens importants ?
Comment intégrer le fait que pendant l’été 2001, à
l’occasion du mariage du fils d’Oussama en Afghanistan, les
Ben Laden se soient rendus à la noce que présidait Oussama,
information diffusée par l’agence France Presse le premier
mars 2001, Al Jazeera et le Washington Foreign Press Center ?
En 2004, nous apprend le journaliste d’investigation Eric
Laurent, le leader terroriste Ben Laden n’est en réalité ni
recherché ni inculpé par les autorités américaines pour les
attentats du 11 septembre, ni contre le croiseur USS Cole à
Aden. John Aschcroft, ministre de la justice, dont dépend le
FBI, n’a jamais donné l’ordre que l’on délivre un avis
de recherche fédéral contre Ben Laden. Pour la justice et les
agences chargées de l’enquête, Oussama n’est pas suspect
dans le carnage du 11 septembre.
Les experts considèrent que Ben Laden a été un activiste
proaméricain en Asie centrale, entraîné et financé par la
CIA. Cela ne fait guère de doute. La question est de savoir
jusqu’à quand ? Un journaliste d’Emperor’s Clothes, Rick
Rozoff, proclame tout haut ce que beaucoup de gens pensent tout
bas : « Ben Laden est un agent opérationnel de la CIA et de
l’ISI pakistanais. Ces organisations le soutiennent et
soutiennent également Al Qaida. » Cet avis est partagé par
l’Alliance du Nord afghane, et de nombreux pays ont également
fait part de leurs doutes en évoquant cette possibilité, sur
le mode hypothétique car l’affirmation n’est guère
diplomatique et il n’est pas question de froisser les
États-Unis.
Lydon Larouche, ancien candidat à la présidence américaine,
confirme cette opinion en affirmant que Ben Laden est une créature
des services secrets américains.
Le vice-président de la Commission des Affaires Étrangères de
la Fédération de Russie, Michail Magrelov, n’est pas dupe
non plus des accusations américaines, en disant que « quel que
soit le rôle qu’ait joué Ben Laden ou différents pays, ils
étaient au mieux la partie d’une structure qui a été
planifiée et réalisée par une organisation non encore
identifiée ».
Ainsi Ben Laden n’est probablement pas un ennemi mais un agent
des États Unis. Et il n’a probablement jamais rompu avec sa
famille qui est un partenaire commercial essentiel de la famille
Bush.
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