|
Cobá
est un site archéologique important appartenant à la civilisation
maya. Il se situe dans la péninsule du Yucatán, au Sud-Est du
Mexique (État du Quintana Roo) dans le petit village de Cobá à
environ 106 km de Playa del Carmen et à 42 km de Tulum. Sa
localisation géographique est: 20º29'41" N et 87º44'07"
W.
Source
: documents tirés de : Maya, palais et pyramides de la forêt
vierge ; de Henri Stierlin (Ed Taschen)
Contexte
historique
Il
s’agit du site le plus important de la péninsule du Yucatán qui
ne peut être comparé qu’avec Chichen Itza son éternelle rivale.
La Cité s’étendait sur 70 km² et développa un réseau de 45
chemins (sacbeob) permettant de circuler dans les différents
ensembles mais aussi de se rendre vers les territoires sous tutelle
de la Cité. Le sacbe (chemin) de Yaxuná mesurait 100 km. Les archéologues
pensent que Cobá aurait eu une population de 50 000 habitants
(et peut-être plus) lors de son apogée.
Le
site aurait été occupé par des groupes humains dès le Ier siècle
av. J.-C. comme l’indique les traces de plateformes basses et de
constructions en bois et en palmier et les datations des céramiques
les plus anciennes. Mais la population du site a commencé à croître
réellement à partir du Ier siècle
av. J.-C.
Néanmoins
la majorité de la Cité fut construite au milieu de l'Ère
Classique de la civilisation maya (entre 500 et 900 après J.-C.).
La plupart des glyphes inscrits sur les stèles de la Cité datent
du VIIe siècle. Entre 200 et 600 Cobá devint l’une des plus
grandes et puissantes cités de la civilisation maya. Elle semble
avoir exercé un très fort contrôle territorial sur tout le Nord
de l’actuel Etat du Qintana Roo et sur l’Est du Yucatán.
De
plus les archéologues supposent que Cobá sut contracter des
alliances militaires et matrimoniales puissantes avec les grandes
Cités de Tikal, Calakmul ou Dzibanché.
Des
fouilles des monuments appelés le « groupe des peintures »
effectuées en 1999 permirent de mettre à jour des éléments
architecturaux de style de Teotihuacan. Ce qui permet de montrer les
liens entre cette Cité et le centre du Mexique (pourtant situé à
2000 km).
Mais
dès le VIIe siècle la montée en puissance des Cités
Puuc du Yucatán (Uxmal, Edzna, Izamal, Becán…), puis le développement
de Chichen Itza modifièrent les rapports de force dans la péninsule.
Vers l’an 900 Cobá du défendre ses territoires notamment face à
Chichen Itza qui finira par s’emparer de nombreuses enclaves et
notamment la Cité de Yaxuná.
Après
l’an mil, la Cité perd de son importance politique mais elle
semble avoir conservé une grande importance symbolique et
religieuse qui lui permirent de renaître entre 1200 et 1500. De
nombreux édifices du style « Côte orientale » datent de cette époque.
Cobá
se trouve particulièrement bien situé sur la route commerciale
entre les côtes de la Mer des Caraïbes et les Cités du Yucatán.
Tulum situé à 40 km ou XelHa étaient les points d’accès vers
les ressources de la mer et les voies maritimes pour se rendre vers
les actuels Belize, Guatemala et Honduras ou pour contourner la péninsule
du Yucatán vers le Golfe du Mexique.
Sans
doute, en partie, pour cette raison Cobá est resté un site majeur
de la région durant la période Post Classique (1000 – 1450) et
jusqu’à l’arrivée des conquistadors espagnols. À la différence
de son adversaire Chichen Itza dont l’importance fût éphémère.
Lorsque les Espagnols renforcèrent leur occupation du Yucatán, Cobá
avait été totalement laissé à l’abandon par ses habitants
La
présence des 5 petits lacs (Cobá, Macanxoc, Cacalpuc, Yaxlaguna et
Xcanh) a été particulièrement propice au développement de la Cité
en fournissant l’eau nécessaire aux nombreux habitants et en
facilitant les activités, notamment l’agriculture.
De
nos jours, les ruines de Cobá sont l'une des principales
attractions touristiques de la région.
Histoire
du site

Comme
pour la plupart des sites précolombiens, il n’existe pas de
source épigraphique permettant de connaître le nom que portait la
Cité à l’époque. Néanmoins, certaines références
ethnographiques de l’époque coloniale permirent au célèbre archéologue
J. Eric S. Thompson de découvrir que la Cité de Cobá devait
s’appeler Kinchil Cobá, en référence au Dieu du Soleil maya (Kinich
Ahau). La toponymie permet d’explique le mot Cobá par les mots
mayas « cob » (ou « kob ») signifiant
trouble ou gué et « ha » signifiant l’eau. Ce qui
aurait pu se traduite par « endroit de l’eau trouble »
ou « endroit du passage à gué ». Ceci faisant référence
aux petits lacs qui jouxtent le site. Mais cette question est encore
débattue.
Ce
site très vaste, même s’il a été totalement abandonné au XVIe siècle,
est toujours resté présent dans les mémoires. Les scientifiques
le connaissaient mal en raison de son accès difficile (à l’écart
des routes, dans la forêt tropicale, au milieu d’une zone impliquée
dans la guerre des castes) et c’est seulement dans les années
1920 que les archéologues entreprirent leurs premières
observations sérieuses.
L’explorateur
Thomas Gann fut emmené sur le site par des descendants maya lors
d’une sortie de chasse en février 1926. Il publia un compte-rendu
décrivant les ruines et le transmit au groupe d’archéologues de
la Carnegie Institution en charge de la mise à jour et restauration
du site de Chichen Itza. Ils envoyèrent une expédition dirigée
par l’archéologue J. Eric S. Thompson. Il rédigea un rapport décrivant
la surprenante étendue du site et la présence de nombreuses
inscriptions maya et demanda à Sylvanus Morley d’organiser une
nouvelle expédition plus approfondie du site.
Eric
Thompson fit de nombreuses visites sur le site et publia en 1932 une
description détaillée
Mais
face à la popularité du site de Chichen Itza (partiellement
reconstruit et restauré), Cobá resta dans l’oubli jusque dans
les années 1970. La zone hôtelière de Cancún fut développée et
le gouvernement mexicain pris conscience qu’une mise en valeur des
sites archéologiques pourrait être un bon attrait touristique.
En
1972, l'Institut national d'anthropologie et d'histoire mexicain
dirigé par Carlos Navarrete débuta le développement de la zone en
facilitant l'accès au site pour les chercheurs et surtout les
visiteurs. Certains monuments furent consolidés, les allées furent
aménagées ainsi que les accès et des chantiers de fouilles furent
ouverts.
Dans
les années 1980 une nouvelle route fût ouverte pour gagner Cobá,
une ligne de car mise en place et le village fut connecté au réseau
électrique.
Visite
du site
La
Cité est structurée en différents ensembles qui non seulement ont
une relation chronologique entre eux mais aussi une relation
urbanistique. Ainsi il y a des groupes presque exclusivement résidentiels
(Groupe Cobá) et d’autres ayant des fonctions cérémonielles ou
funéraires (Groupe Macanxoc). Jusqu’à ce jour on a découvert
plus de 30 stèles, autels et panneaux gravés sur le site. Seule
une petite portion du site est accessible au public et les travaux
de restauration et de mise en valeur ne font que débuter. Ceci
donne à ce site situé dans la forêt un caractère sauvage et
naturel donnant au visiteur la sensation d’être un explorateur.
De petites places donnant sur des stèles en calcaire très abimées
donnent aussi la sensation de se trouver en face de monuments placés
là sans organisation spatiale préconçue, ce qui est faux.
Groupe
Cobá

Cet
ensemble ouvert aux visiteurs permet d’apprécier un temple de 25
m de hauteur appartenant à la période du Classique ancien et connu
localement comme « la iglesia » (l’église). On
y trouve aussi un ensemble de palais et de résidence qui montrent
par leur taille l’importance que devait avoir cette Cité. La
visite de ce groupe se complète par le jeu de pelote, où on peut
observer quelques représentations gravées de prisonniers datant de
600 à 900 après J-C. On peut aussi voir une fondation décorée de
gravures représentant des crânes humains et des glyphes sur les
bords de l’escalier.
Groupe
Nohoch Mul
Le
chemin permet d’atteindre ce groupe en croisant l’ancien sacbe 1
(chemin) qui rejoignait la Cité de Yaxuná. Le temple de Nohoch
Mul est l’une des pyramides les plus hautes de toute la région
maya. Nohoch Mul signifie le « grand massif » en maya.
Il mesure 30 mètres de haut et au sommet a été édifié postérieurement
un temple, ce qui lui donne une hauteur actuelle de 42 mètres.
Nohoch Mul fut construit durant le Classique ancien (200 à 600 après
J-C) certainement pour célébrer le pouvoir sacré des dignitaires
de Cobá et pour servir de dernière demeure aux membres de la lignée
dirigeante. Ce temple était certainement associé à d’autres bâtiments
aujourd’hui disparus. Le temple se trouvant au sommet appartient
au style « Côte orientale » ce qui indique une période d’édification
comprise entre 1200 et 1550 après J-C. On peut observer une gravure
taillée dans la pierre représentant le dieu plongeur (appelé également
dieu descendant) que l’on vénérait également à Tulum. Faisant
partie de cet ensemble il existe une construction de près de 30 m
de haut et de 110 m par 125 m de base qui n’a malheureusement pas
encore été totalement explorée et mise en valeur. Les archéologues
pensent que cette plateforme était en cours de construction car
elle ne porte aucun bâtiment.
Dans
ce groupe on peut aussi visiter la structure X qui est une
construction résidentielle dans laquelle fut trouvée la stèle 20,
qui est la mieux conservée du site et sur laquelle on peut
facilement déchiffrer la date du 30 novembre 730.

stèle
Xaíbé
Récemment
restauré, on rencontre cette structure appelée aussi « croisement
de chemins » (crucero de caminos) qui a une forme
semi-circulaire et une petite gradine dont les dimensions la rende
inaccessible. On pense donc qu’il s’agissait d’un monument
commémoratif marquant le croisement des sacbeob (chemins) 1,
5, 6 et 8.
Groupe
des peintures
Ensemble
d’édifices construits durant le Post-Classique récent et dont le
nom fait allusion aux fragments de fresques observés à l’intérieur
du temple principal du groupe. Bien que ses dimensions soient
modestes, cet ensemble est remarquable car il regroupe les monuments
les plus récents de Cobá. Ils furent construits avec les pierres
de taille et matériaux des temples plus anciens. On observe aussi
dans ce groupe une plateforme avec une fondation ayant un style
typique de Teotihuacan. Ce qui montre que Cobá était en contact
avec la grande Cité du centre du Mexique.
Groupe
Macanxoc
Cet
ensemble se compose de plateformes basses avec de petits temples et
autels dont la majeure partie est liée à des stèles commémoratives
d’événements touchant les classes dirigeantes de Cobá dont
certaines furent des femmes. On pense qu’il s’agit d’un site dédié
à des cérémonies funèbres.
|