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MARDI
LE 12 JANVIER 2010
PUISSANT
SÉISME, DE MAGNITUDE 7,0 EN HAÏTI
Par
Reuters, publié le 12/01/2010 à 23:20
WASHINGTON
- Un puissant séisme, de magnitude 7,0 sur l'échelle de
Richter, a été enregistré mardi à Haïti, rapporte
l'institut géologique américain (USGS).

PUISSANT
SÉISME DE MAGNITUDE 7,0 EN HAÏTI
La
veille au tsunami a été activée pour Haïti, Cuba, les
Bahamas et la République dominicaine, a fait savoir le centre
d'alerte aux raz-de-marée.
"Il
n'existe pas de menace d'un tsunami destructeur et de grande
ampleur, si l'on se fonde sur les données historiques sur les séismes
et les raz-de-marée", a déclaré le centre.
"Toutefois,
il existe un risque de tsunami local qui pourrait toucher les côtes
situées au plus à 100 km de l'épicentre du tremblement de
terre".
L'épicentre
du tremblement de terre, tout d'abord évalué d'une magnitude
de 7 et au large des côtes, s'est produit en fait à l'intérieur
des terres, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de
Carrefour, près de la capitale Port-au-Prince. Il s'est produit
en outre à seulement 30 km de profondeur.
Une
secousse de 7 ou plus peut provoquer d'importants dégâts.

HAÏTI
DÉVASTÉ PAR UN PUISSANT SÉISME
De
Clarens RENOIS (AFP) – Il y a 4 heures
PORT-AU-PRINCE
— Un énorme séisme de magnitude 7 a frappé mardi Haïti non
loin de Port-au-Prince, sa capitale surpeuplée, provoquant une
"catastrophe majeure" dans le pays le plus pauvre des
Amériques, selon les autorités.
La
violente secousse s'est produite à 16H53 heure locale (21H53
GMT), à environ 15 km à l'ouest de Port-au-Prince et l'épicentre
du séisme se trouvait à 10 km de profondeur, selon l'Institut
géologique américain (USGS). Une alerte au tsunami a aussitôt
été émise pour l'ensemble de la région des Antilles.

Selon
un journaliste de l'AFP présent sur place, la secousse très
violente a duré plus d'une minute, allant jusqu'à faire sauter
les véhicules en pleine rue. De nombreuses personnes sont
sorties dans les rues après le séisme, et les communications
étaient fortement perturbées au sein de l'île et vers l'île.

Un
journaliste d'une télévision haïtienne, "Haitipal",
captée sur internet, a rapporté que de nombreux bâtiments
publics de la capitale s'étaient effondrés. Intervenant en
direct au téléphone depuis Port-au-Prince, il a notamment cité
"le Palais national, le ministère des Finances, le ministère
des Travaux public, le ministère de la Communication et de la
Culture, le Palais de justice, l' École
normale supérieure".

Le
journaliste a aussi affirmé que les bâtiments du Parlement
ainsi que la cathédrale de Port-au-Prince s'étaient effondrés.
A
Pétionville, banlieue proche de la capitale, un bâtiment d'au
moins trois étages s'est également effondré, a constaté
l'AFP. Ce bâtiment abritait au moins deux bureaux privés et un
tracteur tentait de dégager les débris et retrouver d'éventuels
survivants.
L'ambassadeur
d'Haïti aux États-Unis a estimé aussitôt qu'il s'agissait
d'une "catastrophe majeure" pour le pays le plus
pauvre du continent américain, déjà frappé ces dernières
années par une série de catastrophes naturelles meurtrières.

Le
président américain Barack Obama a indiqué dans un communiqué
que les États-Unis suivaient la situation de près et étaient
"prêts à venir à l'aide du peuple d'Haïti". Le
Commandement Sud de l'armée américaine s'est dit prêt à
intervenir, notamment pour fournir une assistance humanitaire
d'urgence.
Le
séisme a été si puissant qu'il a été ressenti jusqu'à
Guantanamo, a indiqué le porte-parole du camp de détention américain
à Cuba, situé à environ 300 km de Port-au-Prince.
Deux
fortes répliques ont eu lieu peu après. Une première de
magnitude 5,9 a frappé à 17H00 locales (22H00 GMT), soit sept
minutes après le premier séisme, a précisé l' USGS. Une
deuxième réplique de 5,5 a été ressentie ensuite à 22H12.
Pour
mesurer la puissance d'un séisme, l' USGS utilise la
"magnitude de moment" (Mw). Sur cette échelle
ouverte, un séisme atteignant une magnitude d'au moins 6 est
considéré comme fort.
Une
alerte au tsunami a été émise pour une grande partie des
Antilles par le centre américain d'alerte au tsunami dans le
Pacifique. L'alerte "s'applique aux pays au sein ou
frontaliers de la mer des Caraïbes, à l'exception de Porto
Rico et des Iles Vierges", a averti le centre.
Une
alerte spécifique a également été émise pour Haïti, Cuba,
les Bahamas et la République dominicaine.

Haïti
a déjà été frappé par une série de catastrophes
naturelles, notamment par une série d'ouragans meurtriers en
2008 qui ont fait plus de 800 morts et environ un million de
sinistrés. Quelque 100.000 maisons avaient été endommagées.
Haïti
a une population d'environ 9 millions d'habitants, dont plus de
deux millions vivent à Port-au-Prince et ses environs. Quelque
70% des Haïtiens vivent avec moins de deux dollars par jour.
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© 2010 AFP. Tous droits réservés.
MERCREDI
LE 13 JANVIER 2010
SECOURS
: LA COURSE CONTRE LA MONTRE
Au
lendemain du séisme de magnitude 7 sur l'échelle de Richter
qui a ravagé Haïti, mardi à 16 h 53 (22 h 53 à Paris),
aucun bilan officiel n'était encore disponible. Des corps sans
vie ou blessés jonchaient les rues de la capitale,
Port-au-Prince, en partie détruite. Le gouvernement haïtien a
dit redouter un bilan humain supérieur à 100 000 morts.
Un bilan humain
terrible. Selon le premier ministre Jean-Max Bellerive, le séisme
pourrait avoir fait plus de 100 000 morts, sur une population de
près de 10 millions d'habitants. Le ministre des affaires étrangères
français, Bernard Kouchner, a néanmoins tenu à nuancer ces
projections, rappelant que les premiers chiffres cités dans des
catastrophes d'une telle ampleur sont généralement supérieurs
au bilan définitif.
Des
membres du gouvernement portés disparus. La catastrophe a porté
un coup dur à la tête de l'Etat haïtien : des ministres étaient
toujours disparus près de vingt-quatre heures après le séisme,
et le président du Parlement, Kelly Bastien, se trouverait dans
les décombres de l'Assemblée. Jocelerme Privert, un ancien
ministre, a également confirmé la mort de l'archevêque de
Port-au-Prince, Mgr Joseph Serge Miot.
La
mission de l'ONU durement touchée. Le siège de la mission de
l'ONU s'est effondré, faisant "entre 115 et 200"
disparus parmi son personnel, selon l'ONU. Quatorze morts et 56
autres ont été confirmés. Le président haïtien René Préval
a assuré que le représentant spécial de l'ONU, le Tunisien
Hedi Annabi, avait été tué dans l'effondrement du bâtiment.
Une information que s'est refusé de confirmer l'ONU, qui se
contente de signaler que M. Annabi et son adjoint étaient portés
disparus.
Une
cinquantaine de Français recherchés. Selon Bernard Kouchner,
une cinquantaine de Français sont recherchés
"activement" par les services de l'ambassade de France
à Port-au-Prince parce qu'ils se trouvaient, au moment du séisme,
dans des zones particulièrement "détruites". Par
ailleurs, deux cents Français ont été regroupés à
l'ambassade et à la résidence de l'ambassadeur.
Le
ministère des affaires étrangères a ouvert une cellule de
crise et mis en place un numéro d'urgence : 01 45 50 34 60.
Des
dégâts considérables. Une grande partie de la capitale est
entièrement détruite. Le Palais national s'est en partie
effondré. Plusieurs ministères, le Parlement, des églises,
des hôpitaux, des hôtels, des écoles et de nombreux établissements
universitaires ont été détruits. Le président haïtien, René
Préval, s'exprimant dans le Miami
Herald, a qualifié les scènes dont il a été témoin
d'inimaginables". Les photos publiées, notamment via
Twitter, témoignent de l'importance des dégâts.
La
secousse a très fortement perturbé les communications dans un
pays aux infrastructures déjà très rudimentaires, rendant
quasiment impossible l'acheminement de blessés dans les centres
hospitaliers encore debout. Les lignes téléphoniques sont coupées,
et le seul moyen de communication encore viable est Internet. La
prison principale de Port-au-Prince s'est elle aussi effondrée,
permettant à "quelques détenus" de fuir. Des
pillards ont été vus à l'œuvre dans un supermarché (Revivez
l'évolution de la situation au fil de la journée).
L'ambassadeur
de France en Haïti, Didier Le Bret, a parlé d'une situation
"épouvantable" à Port-au-Prince. "Il va falloir
reloger (...) deux millions de personnes", a-t-il déclaré
sur France 2.
L'aide
internationale s'organise. La Croix-Rouge, qui se prépare à
venir en aide "à un maximum de 3 millions de
personnes", estime que la catastrophe "nécessite une
opération d'aide internationale massive". Haïti, l'un des
pays les plus pauvres du monde, a déjà été mis à l'épreuve
en 2008 par une série de cyclones qui avaient fait plusieurs
centaines de morts et des dégâts matériels représentant près
de 15 % de la richesse nationale. La Banque mondiale a annoncé
qu'elle allait débloquer 100 millions de dollars supplémentaires
d'aide. Les Nations unies vont lancer un appel international
pour les victimes. Le FMI a annoncé qu'il étudiait
"toutes les possibilités" pour aider Haïti.
Les
États-Unis et la France se sont entendus mercredi pour
coordonner leurs efforts. D'énormes moyens militaires ont
commencé à arriver en milieu de journée dans la capitale haïtienne,
dont l'aéroport, rouvert vers 15 h 30 (à Paris), a vite saturé,
forçant notamment un gros-porteur français à retarder son départ
de l'île de Martinique. Alors que le président américain
Barack Obama promettait dans une intervention solennelle que
l'intervention des États-Unis en Haïti serait "rapide,
coordonnée et énergique", un bâtiment des gardes-côtes
américains est arrivé dans la baie de Port-au-Prince, suivi
par un second bâtiment.
JEUDI
LE 14 JANVIER 2010
LA
COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE SE MOBILISE POUR HAÏTI
|

©
AFP Des sapeurs-sauveteurs français à Brignoles.
Le
13 janvier 2010 |
La
communauté internationale se mobilisait mercredi pour secourir
Haïti, dévasté par un séisme qui pourrait avoir fait des
milliers de morts, la Fédération de la Croix-Rouge estimant
que la catastrophe "nécessite une opération d'aide
internationale massive".
L'aéroport
de Port-au-Prince, qui avait été fermé, était à nouveau opérationnel
mercredi vers 14H30 GMT, a annoncé l'ONU précisant que l'aide
allait commencer à arriver.
Dans
une intervention solennelle depuis la Maison Blanche, le président
Barack Obama a déclaré que des équipes américaines de
secours arriveraient dans les prochaines heures dans ce pays,
situé à quelques centaines de kilomètres au sud des côtes américaines.
Des
"équipes de recherche de Floride, Virginie et Californie
arriveront toute la journée et demain" jeudi en Haïti,
a-t-il dit, promettant une action "rapide, coordonnée et
énergique" pour sauver des vies.
Les
Etats-Unis avaient annoncé mardi le déploiement d'une équipe
de l'agence d'aide au développement (USAID) de 72 sauveteurs et
de 6 chiens formés à rechercher les personnes ensevelies.
La
Fédération internationale de la Croix-Rouge, dont le siège
est à Genève, se préparait à venir en aide "à un
maximum de 3 millions de personnes", soit le nombre
d'habitants dans la zone du séisme.
L'ONU,
endeuillée par le séisme qui a détruit le quartier général
de sa Mission de stabilisation en Haïti (Minustah), a elle
aussi annoncé une mobilisation majeure des secours à
destination du pays le plus pauvre des Amériques. Le secrétaire
général Ban Ki-moon doit s'y rendre "dès que
possible".
Le
Programme alimentaire mondial (PAM) qui compte plus de 200
personnes en Haïti, s'apprêtait à dépêcher deux avions
d'aide alimentaire d'urgence.
Dans
un pays démuni où plus aucune infrastructure ne fonctionne après
le séisme, nourriture, secours, médicaments et eau sont d'une
"importance vitale", a relevé le PAM.
Le
pape Benoît XVI a appelé à "la générosité de
tous" et assuré que l'Église catholique allait activer ses
institutions caritatives.
Le
Canada a annoncé l'envoi immédiat d'une aide humanitaire
d'urgence pouvant atteindre 4,8 millions de dollars américains
et d'une "force d'intervention" qui devrait comprendre
un avion transportant de l'équipement médical et deux hélicoptères.
Cet
avion CC 130 Hercules contient les équipements
militaires et les fournitures médicales dont les
membres de l’EICC ont besoin pour intervenir immédiatement.
Leur mission consiste à porter secours aux victimes du
tremblement de terre qui a frappé Haïti
Opération
Hestia
Le
13 janvier 2010 pour Haïti.
De
l'autre côté de l'Atlantique, la Commission européenne a débloqué
trois millions d'euros d'aide d'urgence et activé son système
de gestion de crise.
La
France a envoyé plusieurs avions d'aide, au moins 130 pompiers
et sauveteurs. Médecins sans frontières, qui compte des blessés
parmi ses membres, va envoyer des renforts pour faire face à
l'afflux de victimes.

©
AFP Des
sapeurs-sauveteurs de la Sécurité civile stationnés
à Brignoles, avant leur départ.
Le
13 janvier 2010 pour Haïti.
Les
Pays-Bas et l'Allemagne ont débloqué respectivement deux et un
million et demi d'euros d'aide humanitaire, le Danemark 1,34
million d'euros.

©
DDP/AFP Un membre de la Croix-Rouge allemande prépare
l'envoi de l'aide en Haïti
Le
13 janvier 2010 à l'aéroport Schoenefeld à Berlin.
La
Grande-Bretagne a prévu l'envoi d'experts et la protection
civile italienne celui d'une équipe de secours.
Un
avion militaire belge avec une soixantaine de sauveteurs devait
partir mercredi soir pour Haïti, avec la cellule d'aide
d'urgence du gouvernement belge, composée de spécialistes de
la recherche dans les décombres, accompagnés de chiens
renifleurs.
Le
ministère russe des Situations d'urgence devait faire partir un
avion Il-76 avec à son bord 20 médecins et un hôpital de
campagne aéroporté pouvant accueillir 50 patients.
En
Amérique latine, le Venezuela a envoyé cinquante sauveteurs,
des vivres et des médicaments tandis que le Brésil devait expédier
28 tonnes d'aliments et d'eau potable et accorder une aide
financière immédiate de 10 à 15 millions de dollars.

©
AFP Des secouristes vénézuéliens chargent des vivres
et du matériel à Caracas avant leur départ pour Haïti.
Le
13 janvier 2010.
La
Colombie a annoncé l'envoi d'une équipe de secouristes spécialisés
tout comme Saint-Domingue. Cuba a annoncé une aide médicale
d'urgence.
Enfin,
le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la
Banque interaméricaine de développement (BID) ont annoncé préparer
leur contribution, la BID ayant déjà débloqué une aide
d'urgence de 200.000 dollars.
VENDREDI
LE 15 JANVIER 2010
LE
POINT SUR LA CATASTROPHE
Publié
le 15 janvier 2010 à 07h31 |
Mis à jour à 07h36
Les
rescapés s'entassent dans ce camp de fortune de la
Croix-Rouge à Port-au-Prince.
L'organisme
redoute que la tragédie ait fait entre 45 000 et 50 000
victimes.
Photo:
AFP
|

|
André
Duchesne et Louise Leduc
La Presse
|
Plus
de trois jours après le drame qui a balayé Haïti, de
nombreuses questions surgissent. État des choses.
Q
Combien de victimes faut-il redouter?
R
Jusqu'à maintenant, l'évaluation demeure très
fragmentaire et hypothétique. Mercredi, sur les ondes de
CNN, le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, a dit
craindre que la catastrophe ait fait plus de 100 000 morts.
Hier, certains ont révisé ce nombre à la baisse. Un
responsable de la Croix-Rouge haïtienne a estimé qu'entre
45 000 et 50 000 personnes auraient péri.
Q
Quels sont les risques d'épidémies?
R
«Je m'inquiète du risque d'effondrement d'autres édifices
et de l'éclatement d'une épidémie», a déclaré mercredi
le président haïtien, René Préval, sur les ondes de CNN.
Au premier chef, une épidémie de choléra est à craindre.
Le choléra est causé par la consommation d'eau et de
nourriture contaminées, explique le Dr Réjean Thomas,
fondateur et ex-président de Médecins du monde Canada. On
peut le combattre en hydratant les gens, en les mettant sous
perfusion. Aura-t-on rapidement des intraveineuses en
quantité suffisante? Là est toute la question. Aussi à
redouter dans cette catégorie: la typhoïde et les hépatites.
Q
Les cadavres en eux-mêmes accroissent-ils les risques d'épidémies?
R
Uniquement s'il s'en trouve dans des sources d'eau potable.
Q
Quelles autres maladies doivent être redoutées?
R
Rares sont les enfants, en Haïti, qui ont les vaccins de
base. Aussi le Dr Réjean Thomas relève-t-il l'urgence de
lancer des campagnes de vaccination. Il est très fréquent,
notamment, de voir des épidémies de rougeole dans les
camps de réfugiés. À noter aussi que des problèmes de
santé anodins dans d'autres circonstances, de petites
plaies, par exemple, ont tôt fait de dégénérer en graves
infections lors de crises de cette ampleur.
Q
Pendant combien de temps peut-on espérer retrouver des
survivants?
R
Tout dépend de l'état de santé des personnes avant le séisme.
En soins palliatifs, il n'est pas rare de voir des personnes
mourantes qui ne se nourrissent plus et qui ne boivent pas
vivre une semaine et même plus longtemps.
Q
L'aide arrive-t-elle? Qu'en est-il de l'aéroport, du port?
R
La tour de contrôle de l'aéroport est hors d'usage. Les
avions doivent atterrir à vue. Le gouvernement haïtien a dû
demander hier à l'autorité américaine de l'aviation
civile de ne plus accepter de vols parce que l'espace aérien
haïtien est saturé. En après-midi hier, un avion
militaire américain et dix appareils civils tournaient
au-dessus de Port-au-Prince en attendant que d'autres avions
quittent l'aéroport pour pouvoir s'y poser. Les Américains
ont pris en charge la sécurité de l'aéroport. Un
porte-avions nucléaire américain est attendu. Des équipes
s'affaireront bientôt à réparer le port, hors d'usage
pour l'instant. Royal Caribbean a annoncé que ses bateaux
de croisière feront des escales dans les prochains jours en
Haïti et livreront du matériel. Ils s'arrêteront dans le
port de Labadie, sur la côte nord du pays. Les premiers
navires feront escale en fin de semaine ainsi que lundi et
mardi.
Q
Concrètement, peut-on chiffrer les besoins alimentaires?
R
Hier, par exemple, la Programme alimentaire mondial (PAM) a
annoncé l'envoi de 86 tonnes de vivres pouvant nourrir 30
000 personnes durant une semaine. En appliquant une règle
de trois, cela signifie qu'il faut 2866,7 tonnes de vivres
par semaine pour nourrir 1 million de gens.
Q
À combien se chiffre l'aide internationale?
R
Les États-Unis ont annoncé une aide initiale de 100
millions de dollars et l'envoi de plus de 3000 soldats et
marines. Le Canada débloque 5 millions de dollars et
doublera les dons de charité de ses citoyens jusqu'à
hauteur de 50 millions. Le Canada envoie deux navires, des hélicoptères,
des avions et une équipe de secouristes. La Banque mondiale
et le Fonds monétaire offrent chacun 100 millions.
L'Australie promet 9,3 millions de dollars et quantité de
pays annoncent des millions de dollars et l'envoi de
militaires, de secouristes, d'experts en infrastructures, de
matériel pour traiter l'eau.
Q
Des immeubles gouvernementaux sont détruits. Le
gouvernement haïtien est-il toujours en mesure d'agir?
R
On a peu de nouvelles du gouvernement. Entendre le président
René Préval dire humblement en entrevue qu'il ne sait pas
où il ira coucher donne une idée de l'ampleur de la désorganisation.
Selon le jésuite François Kawas, qui se trouve à
Port-au-Prince, le gouvernement a formé une cellule de
crise, mais l'action se fait attendre.
Q
Qu'est-ce que cet hôpital gonflable de Médecins sans
frontières dont on entend parler?
R
Il s'agit du même type de structure qui a été déployé
au Pakistan en 2005 ainsi qu'au Sri Lanka et à Gaza en
2009. Il comprend deux blocs opératoires complets et une
centaine de lits. La totalité de la structure est espérée
à Haïti en soirée, aujourd'hui.
Q
Pendant combien de temps les Haïtiens subiront-ils les répliques
du tremblement de terre?
R
Il peut y avoir des secousses secondaires pendant plusieurs
semaines, a relevé cette semaine Fiona Ann Darbyshire,
professeure au département de la Terre et de l'atmosphère
de l'UQAM. Dans les premiers jours, on a enregistré des répliques
qui atteignaient jusqu'à 5,9 à l'échelle Richter. Les Haïtiens
dorment donc à la belle étoile.
Q
Qu'en est-il des communications?
R
Plusieurs réseaux de lignes téléphoniques ont été coupés,
de sorte que ce type de communication demeure très
difficile. Par contre, le réseau internet fonctionne. En
entrevue au quotidien français Le Monde, Leslie Daigle,
responsable du bureau «technologie internet» à l'Internet
Society, a expliqué que les connexions internet sont préservées
parce qu'elles utilisent les micro-ondes. «L'essentiel des
connexions au réseau se fait par les réseaux de téléphonie
mobile, qui fonctionnent encore partiellement», dit-elle.
De plus, la configuration de la grande Toile fait en sorte
que, lorsqu'une partie du réseau ne fonctionne pas, le
problème est détecté et le trafic est redirigé. Un seul
des fournisseurs internet haïtiens est complètement déconnecté.
Les autres fonctionnent correctement ou en partie.
Q
Donner, mais à qui? À quel organisme?
R
Plusieurs organismes collectent des dons. Parmi eux,
mentionnons la Croix-Rouge, le Centre d'étude et de coopération
internationale (CECI), Médecins du monde Canada, Oxfam,
UNICEF, etc. Hier, le gouvernement fédéral a recommandé
aux Canadiens de choisir avec prudence les organismes à qui
faire un don. Selon le ministre fédéral du Revenu,
Jean-Pierre Blackburn, certains profitent déjà de la
situation pour soutirer frauduleusement de l'argent. Le
ministre recommande de consulter le site internet de
l'Agence du revenu du Canada (www.cra-arc.gc.ca) pour
s'assurer de la légitimité des organismes.

DIMANCHE
LE 17 JANVIER 2010
PRÈS
DE 1000 SOLDATS DE VALCARTIER DÉPLOYÉS SOUS PEU EN HAÏTI
par
Isabelle Chabot
Article mis en ligne le 17 janvier 2010 à 16:32
Près
de 1000 militaires canadiens s’envoleront vers Haïti, dont
environ 800 basés à Valcartier.
Les
troupes envoyées en sol haïtien sont le Quartier général de
l’escadron de transmission, le 3e bataillon du 22e régiment,
l’escadron de génie du 5e régiment de génie de combat, des éléments
de soutien national dont des policiers militaires et du soutien médical.
Difficile de prévoir quand les soldats quitteront le Québec par
contre. Les infrastructures endommagées de l’aéroport
retardent l’arrivée des Forces armées canadiennes.
Des membres de l’armée, dont le brigadier général Guy Laroche,
sont actuellement en Haïti afin d’évaluer la situation. Les tâches
des militaires seront déterminées prochainement ainsi que l’équipement
nécessaire. Les troupes de Valcartier sont prêtes à porter
assistance humanitaire à la population, effectuer des tâches de
sécurité, donner un soutien médical et une expertise en génie.

lieutenant-colonel
Labrosse
En
plus des 1000 soldats qui toucheront prochainement le sol haïtien,
des véhicules, de l’essence et un système de purification de
l’eau seront envoyés. La troupe sera autosuffisante durant sept
jours. Par la suite, des ravitaillements seront acheminés aux
différentes équipes sur place. Le site des forces sera austère
et les soldats dormiront dans des tentes «L’intention n’est
pas d’arriver et de construire des camps, mais d’aller aider
la population», déclare le lieutenant colonel et commandant
adjoint du 5e groupe brigade motorisé du Canada, Christian
Labrosse
La plupart des soldats déployés ont servi lors de missions dans
le passé, les troupes ont donc déjà l’expérience de ce type
de situation. «Les gens sont anxieux. Ils ont hâte. Il y a
beaucoup de volontaires. C’est pour cela qu’ils entrent dans
l’armée, ce n’est pas pour rester à la garnison» commente
le lieutenant-colonel Labrosse. Même son de cloche de la part du
sergent major du 3e bataillon du 22e régiment, Gaétan Larochelle.
«C’est du bonbon ce type de mission. On s’en va aider les
gens. Dans mon cas, c’est la première fois en 26 ans que j’ai
une mission de cause humanitaire.»

Effervescence
à la Base de Valcartier
À
l’aube du déploiement imminent, un branle-bas de combat se déroule
sur la Base de Valcartier depuis plusieurs jours. Un nombre considérable
de militaires coordonnent la préparation, l’équipement et les
documents administratifs en vue du grand départ. Seulement, le
matériel essentiel sera envoyé comme les rations, l’eau et
l’équipement. Les différentes unités préparent également
une centaine de véhicules de façon successive en attendant de
connaître les besoins en matière de transport.
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