SON
HISTOIRE
MAGIE
ET MÉDECINE
Durant
quelques décennies, le souvenir de Maître Philippe de Lyon
l'un des plus célèbres thaumaturges et des plus étranges
voyants de la fin du XIXe siècle, s'était estompé dans les mémoires.
Or,
depuis quelques années, des lettres et des témoignages nous
arrivent d'un peu partout, sur la "présence" physique
du maître à nos côtés, sur sa réincarnation. Un retour
annoncé par lui-même.
GUÉRISSEUR
DÈS L' ÂGE DE 13 ANS
Né
à Loisieux (Savoie) le 25 avril 1849 à 3 heures du matin et
mort le 2 août 1905 à l'Arbresle, Nizier Anthelme Philippe
connut dès le plus jeune âge quelques manifestations des étranges
pouvoirs qui se développèrent en lui par la suite.
Parlant
de son enfance et de ses dons, il disait : «J'ignore tout de
moi, je n'ai jamais compris ni cherché à m'expliquer mon mystère.
J'avais six ans à peine et déjà le curé de mon village
s'inquiétait de certaines manifestations, dont je n'avais pas
conscience... J'obtenais des guérisons dès l'âge de 13 ans,
alors que j'étais encore incapable de me rendre compte des
choses étranges qui s'opéraient en moi.» (Mercure de France
16 juin 1918).
A
l'âge de quatorze ans, il quitta son village, pieds nus, pour
aller vivre chez son oncle Vachod, établi à Lyon comme
boucher.
APPRENTI
BOUCHER
Il
y apprit le métier tout en effectuant de modestes études à
l'Institut Sainte-Barbe où un père s'intéressa à lui et lui
permit d'obtenir son "certificat de grammaire".
L'adolescent regretta de ne pouvoir poursuivre jusqu'au bac.
Mais sa survie dépendait des trente francs par mois que lui
donnait son oncle et des quelques pourboires qu'il glanait auprès
des clients qu'il livrait à domicile.
Assoiffé
de connaissances, il s'efforça de mener de front des études
personnelles et l'apprentissage de la boucherie. Il se cultiva
par les livres, lisant de préférence des ouvrages de
vulgarisation scientifique, des traités de médecine populaire,
de santé par les plantes, de chimie élémentaire, se
passionnant également pour la religion et l'occultisme.
C'est
à la boucherie qu'il dévoila pour la première fois en public
son don de guérison. Un jour que son oncle s'était grièvement
blessé d'un coup de hachette, son commis fixa la main qui
saignait abondamment et se mit mentalement en prière. Il
supplia Dieu de raccomoder le pouce détaché de la main. En
quelques instants, le sang coagula, la plaie se cicatrisa et le
doigt bandé par le jeune homme se ressouda promptement. A l'hôpital,
le médecin de garde voyant la blessure propre et sans
infection, renonça aux points de suture traditionnels, se
contentant de placer une attelle de protection. Le bouche à
oreille fonctionna vite dans le quartier, et le jeune commis
boucher fut sollicité par le voisinage au moindre accident.
Selon
Alfred Haehl, son biographe et ami, Philippe donnait des "séances"
au cours desquels il guérissait des malades. En 1872 il ouvrit
son premier cabinet de guérisseur spirituel, boulevard du Nord,
à Lyon, devenu aujourd'hui 8, boulevard des Belges.
DES
ÉTUDES MÉDICALES
Désireux
d'étudier la médecine pour laquelle il se sentait une forte
vocation, il s'inscrivit comme auditeur libre à la Faculté de
Médecine de Lyon. De 1874 à 1875, il fréquenta également
avec assiduité le service du Professeur Bénédict Teissier à
l'Hôtel-Dieu.
On
dit que le jeune homme y obtint spontanément de nombreuses guérisons
inexplicables qui intriguèrent son patron mais suscitèrent la
jalousie parmi les étudiants et les assistants, mécontents de
voir cet empirique empiéter sur leur chasse gardée. Les détracteurs
de maître Philippe nient qu'il ait réellement suivi des cours
de médecine à la Faculté. Pourtant, ces
"inscriptions" existent bel et bien.
LE
GUÉRISSEUR
Ainsi,
un jour, une jeune femme qui souffrait le martyre, fut amenée
à la consultation sur une civière, sans que la patron ni aucun
de ses assistants ne parvienne à diagnostiquer son mal avec précision.
Elle se plaignait d'essoufflement, de violentes douleurs sur le
côté et ne parvenait pas à tenir sur ses jambes, apparemment
sans raison. Le jeune Nizier affirma doucement que la patiente
était atteinte d'une double embolie pulmonaire. Sous les yeux
ébahis du patron, de ses assistants et du personnel hospitalier
présents à la consultation, le jeune homme dit simplement à
la malade : «Lève-toi, maintenant tu es guérie.» Et la
patiente se leva, à l'instant, soulagée de ses douleurs à la
surprise de tous.
Apprenant
qu'il guérissait sans avoir obtenu le parchemin qui seul
pouvait l'y autoriser, une cabale le chassa de l'hôpital et il
se vit refuser sa cinquième inscription d'auditeur libre, sous
le prétexte "qu'il faisait de la médecine occulte et
agissait en véritable charlatan".
Le
Dr Lalande, son gendre, membre de l'Institut, écrit dans ses
Souvenirs sur Maître Philippe : «Il fréquenta les hôpitaux
de Lyon, très aimé des uns et détesté des autres. Il
consolait les malades et souvent demandait aux médecins de ne
pas les opérer. Parfois les malades se trouvaient guéris avant
la date fixée pour l'opération.»
Si
ses études de médecine tournèrent court, la renommée de guérisseur
de Maître Philippe ne fit que croître. On lui attribua des guérisons
incroyables, des rétablissements spectaculaires et on prétendit
même qu'il avait ressuscité un mort.
Pourtant,
sa méthode de guérison était purement spirituelle. Maître
Philippe ne touchait pas ses patients, il les magnétisait
rarement. Il exerçait publiquement son sacerdoce, parfois
devant plusieurs dizaines de personnes, parmi lesquelles des médecins.
Il demandait simplement au malade un engagement moral de se réformer,
et en appelait à l'aide de Dieu.
Source
: Serge Alexis SPIRIDOV
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