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PROGRAMME
ARCHITECTURAL
Amenhotep III Nebmaâtrâ
est avec Ramsès II Ousermaâtrâ le plus grand bâtisseur de l'histoire
de l' Égypte ancienne. Pharaon agrandit le temple d'Amon à Karnak,
transforma la petite chapelle de Louqsor en un immense temple. Son
fastueux temple funéraire, dont malheureusement ne subsistent que les
colosses de Memnon, ce qui n'est déjà pas rien, la cité palatine de
Malgatta, sa tombe dans la vallée des rois et les temples nubiens tel
celui de Soleb viennent compléter un imposant programme architectural,
traduction dans l'espace de la puissance de Pharaon et de la splendeur
d'une époque.
LE
TEMPLE DE LOUQSOR

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Plan
du temple de Louqsor
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50 m
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Avant les
travaux entrepris par Amenhotep III, le site de Louqsor comportait déjà
un édifice cultuel datant de la XIIème dynastie (1994-1781). Pharaon
fit donc raser le petit édifice de grès et confia les travaux aux
architectes Southy et Hor. Avant les adjonctions postérieures et en
particuliers celles de Ramsès II Ousermaâtrâ on pénétrait dans le temple par un
double pilastre à corniche (II) qui débouchait sur une grandiose
colonnade papyriforme à fûts lisses haute de 15,80 mètres (III),
longue de 52 mètres et large de 20 mètres. Ce premier ensemble donne
accès à une magnifique cour péristyle (IV) large de 52 mètre et
longue de 48 mètres, formée de 64 colonnes lotiformes fasciculées,
leurs silhouettes élancées, leurs admirables proportions, leur finesse
et leur couleur rosée confèrent à l'ensemble une grâce sans pareil
qui contraste grandement avec la lourdeur et les silhouettes
monstrueuses des colonnes de la cour (I) que Ramsès II fit édifier
pour agrandir l'édifice original. Suit la grande salle hypostyle (V)
formée de 32 colonnes semblables à celles qui ornent la cour à ciel
ouvert, ordonnées en 4 rangées de 8, le tout donnant accès aux
multiples chambres et chapelles (VI) réservées au culte.

La colonnade d'entrée d' Amenhotep III vue de la cour de Ramsès II
.
Les anciens
Egyptiens nommaient le temple de Louqsor ,
Ipèt Résyt, soit le "Harem Méridional (d'Amon)",
en effet situé au sud du Grand Temple d'Amon à Karnak, le temple de
Louqsor faisait office de simple dépendance du grand temple thébain,
utilisée principalement lors de la grande fête d'Opet qui avait lieu
le dix-neuvième jour du deuxième mois de la saison d'Akhet, c'est à
dire dans la première quinzaine d'octobre. Durant celle-ci, Amon de
Karnak rendait visite au temple de Louqsor, son "harem du
sud", durant vingt-quatre jours. C'était une double fête de la fécondité
et du renouveau, celle en premier lieu de la terre, fertilisée par le
limon, et enfin celle du dieu tutélaire de la ville, le tout puissant
Amon. Le temps fort des festivités résidait en la procession
solennelle qui assurait le transport des statues d'Amon, de celle de sa
parèdre Mout et de leur fils, le dieu Khonsou, entre les deux temples ;
ces processions, effectuées par voie fluviale ou par voie terrestre en
empruntant l'allée dallée bordée de sphinx et longue de 2500 mètres
qui reliait Karnak à Louqsor, se déroulaient dans la liesse populaire
et dans un faste indescriptible.

La colonnade lotiforme de la salle hypostyle d' Amenhotep III.
KARNAK ET
LOUQSOR, LE LANGAGE DES PIERRES
Si l’on
considère l’extrême méfiance qui semble avoir été celle d’Amenhotep
III face au tout puissant clergé d’Amon, pourquoi avoir accru de manière
aussi exceptionnelle son patrimoine foncier et architectural ? En fait
les constructions de pharaon à Thèbes répondent à une double logique
: briser l’exclusif du culte d’Amon dans la capitale et rendre la
divinité plus accessible au peuple. Briser l’exclusif du culte
amonien à Thèbes en construisant d’autres sanctuaires pour
promouvoir dans la capitale de l’Empire le culte d’autres divinités,
comme cela fut le cas pour Montou et Mout ; leurs temples respectifs
entourent le Grand Temple d’Amon à Karnak, et sont autant de
satellites venant disputer l’hégémonie du Grand Dieu et ainsi porter
ombrage à la puissance de son clergé. Mais si l’on considère cette
vision des choses, comment expliquer et comprendre les motivations de la
construction du temple de Louqsor, sanctuaire entièrement dévolu à
Amon ? L’édification du temple de Louqsor répond elle à une seconde
logique : rendre Amon et plus généralement le divin plus accessible au
peuple ; en effet Louqsor joue un rôle important dans le déroulement
de la fête d’Opet, procession durant laquelle l’effigie du dieu
Amon était portée en procession et ainsi montrée au peuple,
l’oracle dispensé par le dieu lors de la fête achevait de rendre la
divinité encore plus accessible au commun des mortels, un véritable
dialogue s’instaurant entre le dieu et les hommes. Ainsi le dieu caché,
Amon en égyptien ancien signifie “Celui qui est caché”, devient
plus facilement saisissable pour les hommes et les femmes de la masse
qui se tenaient bien loin des cogitations intellectuelles des temples.
La construction du temple de Louqsor, résidence d’Amon lors de la fête
d’Opet, ne faisait ainsi que souligner l’importance nouvelle des
festivités. Cette volonté d’ouverture du divin demeure nettement
transcrite dans les formes architecturales datant du règne d’Amenhotep
III, avec notamment l’édification presque systématique de colonnades
à ciel ouvert en avant des temples comme à Karnak devant les temples
d’Amon et de Mout, comme à Louqsor ou bien encore comme à Soleb et
à Sebeinga en Nubie ; caractéristiques de l’architecture religieuse
sous Amenhotep III, ces halls d’entrée marquent la nette intention de
Pharaon d’ouvrir les résidence du divin sur le monde des hommes.
LA RIVE OUEST DE
THÈBES

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Plan
du palais de Malgatta (détail)
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20 m
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Au sud de la
Thèbes occidental Amenhotep III fit bâtir, à partir de l'an 30, une véritable
ville ; au coeur de ce nouveau noyau urbain, l'immense palais de
Malgatta. On entrait dans la résidence royale par une cour à ciel
ouvert (I) au fond de laquelle un podium où se dressait
vraisemblablement un baldaquin destiné à accueillir le trône royal.
On distingue une première salle d'audience (III) pourvue également
d'un socle où siégeait Pharaon. Un seconde salle d'audience (IV),
beaucoup plus impressionnante, se dressait au centre du complexe. Elle
était constituée des trois salles, deux vastes salles hypostyles
auxquelles succède la salle d'audience proprement dite, une pièce tétrastyle,
véritable salle du trône. Donnant directement accès à cette dernière,
les appartements privés du souverain (V), reconnaissables à l'alcôve
qui abritait le lit royal. La Grande Epouse Royale, Tyè disposait de ses propres appartements indépendants
(II) et de sa propre salle d'audience (VII), une pièce octostyle munie
à son extrémité d'un podium où trônait la souveraine, une résidence
dans la résidence. Viennent s'ajouter les innombrables bâtiments
annexes nécessaires à la vie de la cour : ateliers, cuisines et autres
greniers qui s'organisaient autour d'une place centrale (VI). En édifiant
ce nouveau complexe palatin sur la rive occidentale de Thèbes, Pharaon
déplace le centre du pouvoir et l'éloigne ainsi de la rive est, de son
temple de Karnak et du tout puissant clergé d'Amon. C'est le même schéma
qu'appliquera, certes d'une manière plus radicale, le fils et
successeur d'Amenhotep III, Akhénaton (1353-1336) lorsqu'il fondera sa nouvelle
capitale : Akhetaton, aujourd'hui Tell-el-Amarna. De sa nouvelle
capitale, la ville d'Aton, loin de celle déchue d'Amon, le souverain hérétique
tentera d'imposer sa réforme religieuse et la suprématie exclusive du
"Disque".
Outre cette résidence temporelle, Amenhotep III fit édifier sur la
rive occidentale thébaine, celle où l'Astre meurt chaque soir avant de
renaître, sa demeure d'éternité. Creusée à l'ouest de la Vallée
des Rois, dans la Vallée des Singes, sa tombe fut établie à l'écart
de celles de ses ancêtres. Toujours pour se distinguer de ses illustres
prédécesseurs, Pharaon voulut faire aménager une tombe plus grande et
plus complexe, constituée par plusieurs salles à piliers et de
nombreuses chambres. La salle du sarcophage comprend deux parties :
l'une, la plus haute, est supportée par six piliers et son plafond est
décoré d'importantes représentations astronomiques ; dans la seconde
partie, plus basse, demeurent seulement les débris du sarcophage.
Importante originalité de l'hypogée, la présence d'une salle destinée
à accueillir la sépulture de la Grande Epouse Royale Tyè. Découverte
officiellement en 1799 par deux ingénieurs français de l'expédition
de Bonaparte, Jollis et Devilliers, la tombe porte le numéro 22 (KV
22), sa décoration est exclusivement constituée de peintures murales
finement exécutées ; l'ensemble était dans un état plus que médiocre
ce qui motiva en 1990 une grande campagne de restauration instiguée par
l'université japonaise de Waseda. La momie d'Amenhotep III fut retrouvée
dans la tombe d'Amenhotep II ; entreposée là, parmi d'autres dépouilles
royales, par les soins du premier prophète d'Amon Pinedjem Ier durant
la XXIème dynastie (1069-945) pour la préserver des pilleurs de tombes
; aujourd'hui au musée du Caire, elle n'est heureusement pas exposée
aux regards profanateurs des troupeaux de touristes.

Les colosses de Memnon qui flanquaient l'entrée du temple funéraire
d'Amenhotep III aujourd'hui disparu.
S'élevant
à 19,90 mètres, les deux géants de quartzite rouge veillent sur
l'entrée de la nécropole thébaine. Ces deux imposantes représentations
d'Amenhotep III présidaient jadis au temple des Millions d'Années du
souverain aujourd'hui totalement ruiné. Taillées chacune d'un seul
bloc, elle représentent le souverain trônant, les jambes encadrées
par la Reine Mère Moutemouia et la Grande Epouse Royale Tyè . En l'an 27 de notre ère, un tremblement de terre défigura
les colosses ; dès lors chaque matin, la brise matinale s'engouffrant
dans les blessures du géant septentrional alliée aux premiers rayons
du soleil réchauffant la pierre produisaient des sons assez musicaux.
Ceux ci furent assimilés aux plaintes de l'Ethiopien Memnon, tué par
Achille dans les champs de Troie, et qui, à chaque aube, exhalait sa
plainte vers sa mère Eos, l'Aurore, dont les rayons rendaient
quotidiennement la vie à son fils. Mais l'Empereur Septime Sévère fit
restaurer le monument, mettant fin aux plaintes du colosse et à la légende.
A l'origine, les deux géant flanquaient le pylône d'entrée du temple
qui devait mesurer près de 600 mètres de long, soit le plus grand
temple funéraire jamais édifié dans la vallée thébaine, construit
en grès, sous la direction du grand architecte Amenhotep fils de Hapou.
Il a aujourd'hui totalement disparu et il reste délicat
d'en établir un plan ; deux cours successives devaient donner accès à
une salle hypostyle débouchant sur une cour péristyle comparable au
complexe édifié par Pharaon à Louqsor.
Viens,
ô Amon Râ, Seigneur des trônes du Double Pays, qui préside à
Karnak, afin de contempler ce que j'ai construit pour toi à l'ouest de
Thèbes, et dont la beauté s'unit à l'horizon de Manou. En lui, tu
traversera les cieux en paix, quand tu te lèveras dans l'horizon du
ciel, il sera illuminé par l'or de ton visage, car sa face est orientée
vers l'est pour ton apparition radieuse ; tandis que pour ton coucher,
ton horizon sera toujours dans la vie. Tu étincelles dès l'aube,
chaque jour, et ta perfection demeure à l'intérieur de ce temple, sans
cesse. Je l'ai bâti en belle pierre blanche de grès, grâce à un
travail bénéfique. Ma Majesté l'a pourvu de statues, au moyen de la
pierre que j'avais rapportée de la Montagne Rouge. Lorsqu'on les vit en
leur place, la liesse fut grande à cause de leur haute taille.
(texte figurant sur une stèle issue du temple funéraire d' Amenhotep
III et célébrant l'édifice, Urk. IV, 1672, l. 7-19)
LE GRAND TEMPLE
D' AMON RÂ À KARNAK

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Temple
de Karnak, détail du plan de l'entrée et des trois premiers
pylônes de l'axe est-ouest
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30 m
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Sous Thoutmosis IV
(1401-1391) père et prédécesseur
de d'Amenhotep III , Le Grand Temple d'Amon Râ à Karnak commençait au
quatrième pylône actuel construit par Thoutmosis Ier (1493-1481)
en détruisant certain édifices de ces prédécesseurs,
Amenhotep III le fit précéder d'un autre pylône (I), aujourd'hui le
troisième, aux dimensions jusqu'alors inégalées, constitué de deux
hauts massifs de grès à quatre mâts chacun encadrant une porte en grès.
En avant de cette porte, Pharaon fit élever un vestibule (II) qui présidait
à une imposante colonnade (III) constituée de deux rangées de sept
colonnes papyriformes, seules douze des quatorze colonnes originales
subsistent aujourd'hui, les deux colonnes en bout de travée ont été démolies
pour faire place aux massifs du second pylône construit
vraisemblablement par Horemheb (1323-1293) quelques années plus tard, le reste de la
colonnade devint à partir de Séthy Ier (1291-1279) le coeur de la
grande salle hypostyle du temple que devait achever son fils et
successeur Ramsès II (1279-1213).
Le roi
fit une grande porte en avant (du temple) d'Amon Râ, seigneur des trônes
du Double Pays, entièrement recouverte d'or. L'image du dieu, représenté
comme un bélier, est incrustée de lapis-lazuli véritable, et
recouverte d'or et de nombreuses pierres précieuses ; on n'en avait
jamais fait de semblables. Le sol était orné d'argent. Une avant porte
fut établie, et une stèle de lapis-lazuli érigée sur chacun de ses côtés.
Son pylône touchait le ciel, semblable aux quatre piliers qui
soutiennent celui-ci ; l'étincellement des mâts à banderoles,
recouverts d'or fin, montait jusqu'au ciel. Sa Majesté pour cela avait
rapporté de l'or du pays de Karoy, lors de la première campagne
victorieuse destinée à détruire le très vil pays de Koush.
(texte commémorant l'édification du troisième pylône du temple
de Karnak, Urk. IV, 1654, l. 3-15)
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Vue de la nef centrale de la salle hypostyle depuis les
ruines du troisième pylône.
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Les chapiteaux des colonnes papyriformes de la nef centrale
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Au nord du temple d'Amon
Râ, Amenhotep III agrandit considérablement le temple consacré au
dieu faucon Montou, divinité solaire et guerrière, patron de la ville
d'Hermonthis. Pharaon y édifia une enceinte rectangulaire de 52,20 mètres
par 26,25 mètres entourant l'édifice préexistant, qu'il fit percer
d'une grande porte d'entrée, devant laquelle on dressa deux obélisques
de 18 mètres de haut. Dans l'enceinte ainsi constituée, Amenhotep III
édifia une cour péristyle à ciel ouvert constituée de vingt-quatre
colonnes papyriformes à fûts fasciculés qui donnait accès à une
salle hypostyle dont le plafond était soutenu par quatre colonnes d'un
type analogue à celui de la cour. L'ensemble est aujourd'hui fort ruiné,
mais les quelques vestiges traduisent encore la qualité et la finesse
de l'exécution.
Au Sud du temple d'Amon Râ, près du chemin menant à Louqsor, Pharaon
construisit un temple consacré à la déesse Mout, parèdre d'Amon.
Constitué de deux cours successives à ciel ouvert débouchant sur des
chambres et le sanctuaire proprement dit. Toutes les pièces contenaient
des centaines, peut être 730 soit deux représentations pour chaque
jour de l'année, de statues de la déesse lionne Sekhmet, en granit,
assimilée à la déesse Mout et figurée debout ou trônant.

Statue de la déesse Sekhmet provenant du temple de Mout à
Karnak, musée national archéologique d'Athènes
QUELQUES AUTRES
ÉDIFICES

An 11,
troisième mois d'akhèt, le premier, sous la majesté de l'Horus (...
suit la titulature d' Amenhotep III) et de la grande épouse royale Tyè.
Sa Majesté a ordonné l'édification d'un canal pour la grande épouse
royale Tyè dans sa ville de Djâroukha. Sa longueur est de 3700 coudées
et sa largeur de 600 coudées. Sa Majesté a célébré l'ouverture des
canaux durant le troisième mois d'akhèt, le 16, en naviguant sur la
barque royale "Aton étincelant", qui lui tint ainsi lieu de résidence.(texte célébrant la construction et l'inauguration d'un canal,
Urk. IV, 1737, l. 8-16)
Le programme
architectural d'Amenhotep III fut à l'image de son règne : grandiose
et sans précédent. Parallèlement à son activité architecturale dans
Thèbes, Pharaon couvrit l'ensemble des territoires de l'Empire d'une
multitude de constructions. Impossible d'en dresser une liste
exhaustive, certains édifices restent cependant incontournables. A El
Kab, il fit édifier une petite chapelle tétrastyle à chapiteaux
hathoriques ; à Eléphantine le roi éleva en l'an trente de son règne
une magnifique chapelle reposoir. Mais c'est en Nubie que l'activité
architecturale d'Amenhotep III, exception faite de la capitale thébaine,
fut la plus importante ; le souverain érigea notamment à Soleb, entre
la seconde et la troisième cataracte, le plus beau temple du Soudan.
Construit en grès sur la rive gauche du Nil, son plan rappelle très
fortement celui du temple de Louqsor. En venant du Fleuve, on accédait au temple par un débarcadère
qui donnait sur un imposant pylône précédant une longue allée de
sphinx à têtes de bélier menant jusqu'à une avant porte constituée
de quatre colonnes papyriformes à ciel ouvert ; un second pylône précédait
une succession de deux cours péristyles qui donnait accès à une salle
hypostyle de vingt quatre colonnes, suivaient le saint des saints et les
nombreuses salles annexes dévolues à l'exercice du culte conjoint du
roi et d'Amon Râ. A Sedeinga, toujours en Nubie, Amenhotep III fit élever
un temple jumeau de celui de Soleb, et consacré au culte de la Grande
Épouse Royale Tyè . Pharaon contribua également à l'agrandissement du
temple de Tabo. Toutes ces constructions nubiennes consacraient ainsi la
domination égyptienne sur le pays et constituaient un moyen efficace
d'y implanter de manière encore plus tangible le pouvoir de Pharaon.
Source
: nimouria.chez-alice.fr/quiest.htm
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