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Saturne
a la forme d'un sphéroïde oblat : la planète est aplatie
aux pôles et renflée à l'équateur. Ses diamètres équatoriaux
et polaires diffèrent de près de 10 % (120 536 km
pour le premier, 110 466 km pour le second), conséquence
de sa rapide rotation sur elle-même et d'une composition
interne extrêmement fluide. Les autres géantes gazeuses du
système solaire (Jupiter, Uranus et Neptune) sont également
aplaties, mais de façon moins marquée.
Saturne
est la deuxième planète la plus massive du système solaire,
3,3 fois moins que Jupiter, mais 5,5 fois plus que Neptune et
6,5 fois plus qu'Uranus. En comparaison avec la Terre, Saturne
est 95 fois plus massive. Son diamètre étant environ 9 fois
plus grand que celui de la Terre, on pourrait caser 760 corps de
la taille de cette dernière dans le volume occupé par la géante
gazeuse.
Saturne
est la seule planète du système solaire dont la masse
volumique moyenne est inférieure à celle de l'eau : 0,69
g/cm³. Ce chiffre masque d'énormes disparités dans la répartition
de la masse à l'intérieur de la planète : si son atmosphère,
essentiellement composée d'hydrogène, le gaz le plus léger,
et moins dense que l'eau, son noyau l'est considérablement plus

COMPOSITION
La
haute atmosphère de Saturne est constituée à 93,2% de
dihydrogène et à 6,7% d'hélium en terme de molécules de gaz
(96,5% d'hydrogène et 3,5% d'hélium en terme d'atomes). Des
traces de méthane, d'éthane, d'ammoniac, d'acétylène et de
phosphine ont également été détectées. Les nuages les plus
en altitude sont composés de cristaux d'ammoniac, tandis que
les nuages plus bas semblent être constitués soit de sulfure
d'ammonium (NH4SH) ou d'eau. Comparativement à
l'abondance des éléments du Soleil, l'atmosphère de Saturne
est significativement pauvre en hélium.
La
quantité d'éléments plus lourds que l'hélium n'est pas
connue avec précision, mais on suppose que leurs proportions
correspondent aux abondances initiales lors de la formation du
système solaire. La masse totale de ces éléments est estimée
à 19 à 31 fois celle de la Terre, une fraction significative
étant située dans la région du noyau de Saturne.

Cette
image de saturne retravaillée par les astronomes a été prise
le
28 janvier 2004 par le télescope Hubble
ATMOSPHÈRE
De
manière similaire à Jupiter, l' atmosphère de Saturne est
organisée en bandes parallèles, même si ces bandes sont moins
visibles et plus larges près de l'équateur. En fait, le système
nuageux de Saturne ne fut observé pour la première fois que
lors des missions Voyager. Depuis, les télescopes terrestres
ont fait suffisamment de progrès pour pouvoir suivre l'atmosphère
saturnienne et les caractéristiques courantes chez Jupiter
(comme les orages ovales à longue durée de vie) ont été
retrouvées chez Saturne. En 1990, le télescope spatial Hubble
a observé un énorme nuage blanc près de l'équateur de
Saturne qui n'était pas présent lors du passage des sondes
Voyager. En 1994, un autre orage de taille plus modeste a été
observé.
Le
nuage de 1990 est une exemple de grande tache blanche, un phénomène
saturnien éphémère qui se reproduit environ tous les 30 ans.
Des grandes taches blanches ont été observées en 1876, 1903,
1933 et 1960. Si la périodicité se maintient, une autre tempête
devrait se produire vers 2020.
Dans
les images transmises par la sonde Cassini, l'atmosphère
de l'hémisphère nord apparaît bleue, de façon similaire à
celle d'Uranus. Cette couleur est probablement causée par
diffusion Rayleigh.
L'imagerie
infrarouge a montré que Saturne possède un vortex polaire
chaud, le seul phénomène de ce type connu dans le système
solaire.
Un
système ondulatoire hexagonal existe autour du pôle nord, vers
78° de latitude. Il a été remarqué pour la première fois
lors du passage des sondes Voyager. Les bords de
l'hexagone mesurent environ 13 800 km. La structure tourne
sur elle-même avec une période de 10h 39m 24s. Le système ne
se décale pas en longitude comme les autres structures
nuageuses de l'atmosphère visible. Son origine n'est pas
connue. La plupart des astronomes semblent penser qu'il s'agit
d'un ensemble d' ondes stationnaires. Parmi les autres théories,
il pourraient s'agir d'un type inconnu d' aurore polaire. Des
formes polygonales ont été reproduites en laboratoire à l'intérieur
de seaux de fluides en rotation.
Les
images prises par le télescope spatial Hubble indique la présence
au pôle sud d'un courant-jet, mais pas d'un vortex polaire ou
d'un système hexagonal analogue. Cependant, la NASA a signalé
en novembre 2006 que Cassini a observé une tempête
analogue à un ouragan, stationnant au pôle sud, et qui possède
un œil clairement défini. Il s'agit du seul œil jamais observé
sur une autre planète que la Terre.
MAGNÉTOSPHÈRE
Le
champ magnétique de Saturne est plus faible que celui de
Jupiter (mais néanmoins plus intense que celui de la Terre) et
sa magnétosphère est plus petite.
|
Cette
photo couleur est un assemblage de clichés de Voyager
2 depuis une distance de 21 millions de km. Trois
satellites de Saturne sont visibles à gauche ; de
haut en bas : Téthys (1050 km de diamètre), Dioné
(1120 km), et Rhéa (1530 km). L'ombre de Téthys forme
un point noir sur la planète. |

Cette
image prise à l'aide des filtres rouge, vert et bleu a
été combinée pour produire cette vue en couleur
naturelle. Les clichés ont été réalisés avec
l'appareil photo grand-angle de la sonde spatiale
Cassini le 4 février 2007 à une distance de 1,2
million de kilomètres de Saturne et à 679 000 kilomètres
de Rhéa. La résolution est de 68 kilomètres par pixel
sur Saturne et d'environ 40 kilomètres par pixel sur Rhéa. |

Animation
du système nuageux polaire hexagonal. |
ROTATION
L'
atmosphère de Saturne subissant une rotation différentielle,
plusieurs systèmes ont été définis, avec des périodes de
rotation propres (un cas similaire à celui de Jupiter) :
-
Le
premier système a une période de 10 h 14 min 00 s et
concerne la zone équatoriale, qui s'étend entre le bord
nord de la ceinture équatoriale méridionale et le bord sud
de la ceinture équatoriale boréale.
-
Le
deuxième système concerne toutes les autres latitudes et
possède une période de 10 h 39 min 24 s.
-
Le
troisième système, basé sur la rotation des émissions
radio de Saturne, possède une période de 10 h 39 min 22,4
s.
Ce
dernier système, mesuré lors du passage des sondes Voyager,
était celui généralement utilisé pour parler de la rotation
de la planète. Cependant, lors de son approche de Saturne en
2004, la sonde Cassini mesura que la période de rotation
radio s'était légèrement accrue, atteignant 10 h 45 min 45 s
(± 36 s). La cause exacte du changement n'est pas connue.
En
mars 2007, il a été annoncé que la rotation des émissions
radio ne rend pas compte de la rotation de la planète, mais est
causée par des mouvements de convection du disque de plasma
entourant Saturne, lesquels sont indépendants de la rotation.
Les variations de période pourraient être causés par les
geysers de la lune Encelade. La vapeur d'eau émise en orbite
saturnienne se chargerait électriquement et pèserait sur le
champ magnétique de la planète, ralentissant sa rotation par
rapport à celle de Saturne. Si ce point est vérifié, on ne
connaît aucune méthode fiable pour déterminer la période de
rotation réelle du noyau de Saturne.
LES
ANNEAUX DE SATURNE
Les
anneaux de Saturne ont intrigué les astronomes depuis leur découverte
faite par Galilée en 1610 à l'aide du premier télescope. L'énigme
n'a fait que croître depuis que les sondes Voyager 1 et 2
ont intensément photographié le système d'anneaux en 1980 et
81. En plus des images obtenues, plusieurs des instruments des Voyager
ont observé des occultations des anneaux avec une résolution
radiale inférieure à 100 m
Les
anneaux ont été nommés par des lettres dans l'ordre de leur découverte.
Les principaux anneaux sont, en se dirigeant vers l'extérieur
de la planète : C, B et A. La division de Cassini est
l'intervalle le plus large entre des anneaux : elle sépare les
anneaux B et A. De plus, un certain nombre d'anneaux à peine
visibles on été découverts plus récemment. L'anneau D est
excessivement faible et très proche de la planète. L'anneau F
est une structure étroite située juste à l'extérieur de
l'anneau A. Au delà, il y a deux anneaux faibles et lointains,
appelés G et E. Les particules de anneaux de Saturne sont
composées principalement de glace d'eau dont la taille va de
quelques microns à plusieurs mètres. On trouve dans les
anneaux une grande quantité de structures de toutes tailles :
certaines de ces structures sont en relation avec les
perturbations gravitationnelles causées par les nombreuses
lunes de Saturne, mais beaucoup d'autres restent inexpliquées.

|
Données
:
|
Rayon
(km) |
Rayon
équateur |
Profondeur
optique |
Albédo
|
Densité
surfacique (g/cm2) |
Excentricité
|
|
Équateur
de Saturne
|
60268 |
1,000 |
|
|
|
|
|
Anneau
D
|
>66900 |
>1,11 |
|
|
|
|
|
Bord
intérieur de C
|
74658 |
1,239 |
0,05
- 0,35 |
0,12 - 0,30 |
0,4
- 5 |
|
|
Petit
anneau de Titan
|
77871 |
1,292 |
|
|
17 |
0,00026 |
|
Petit
ann. de Maxwell
|
87491 |
1,452 |
|
|
17 |
0,00034 |
|
Bord
intérieur de B
|
91975
|
1,526 |
0,4
- 2,5 |
0,4
- 0,6 |
20
- 100 |
|
|
Bord
extérieur de B
|
117507
|
1,950 |
|
|
|
|
|
Division
de Cassini
|
|
|
0,05
- 0,15 |
0,2
- 0,4 |
5
- 20 |
|
|
Bord
intérieur de A
|
122340
|
2,030
|
0,4
- 1,0
|
0,4
- 0,6
|
30
- 40
|
|
|
Division
de Encke
|
133589
|
2,216
|
|
|
|
|
|
Bord
extérieur de A
|
136775
|
2,269
|
|
|
|
|
|
Centre
anneau F
|
140374
|
2,329
|
0,1
|
0,6
|
|
0,0026
|
|
Centre
anneau G
|
170000
|
2,82
|
|
|
|
|
|
Bord
intérieur de E
|
~180000
|
3
|
1,0
x 10-6
|
|
|
|
|
Bord
extérieur de E
|
~480000
|
8
|
1,5
x 10-5
|
|
|
|
Les anneaux font environ 200 mètres d'épaisseur excepté
l'anneau A (~50 m) et l'anneau C (~10 m).
LES
AURORES DE SATURNE
Les
nouvelles images de Saturne
obtenues par une équipe de l'Université du Colorado à Boulder le 21 Juin à
l'aide d'un instrument sur le vaisseau spatial Cassini montrent que les émissions
aurorales à ses pôles sont similaires aux lumières nordiques de la Terre.
Prises
avec l'instrument UVIS (Ultraviolet Imaging Spectrograph) à bord de la
navette spatiale Cassini, les deux images UV, invisibles à l'oeil humain,
sont les premières de la mission de Cassini-Huygens à capturer l'ovale
entier des émissions aurorales au pôle sud de Saturne. Elles montrent également
des émissions semblables au pôle nord de Saturne, selon le professeur Larry
Esposito (CU-Boulder) et le professeur Wayne Pryor (Central Arizona College).

Dans
les images en fausses couleurs, le bleu représente les émissions aurorales
du gaz hydrogène excité par le bombardement d'électrons, tandis que le
rouge-orange représente la lumière reflétée du Soleil.
Les images montrent que les lumières aurorales aux régions polaires répondent
rapidement aux changements du vent
solaire, notent les chercheurs. Les images précédentes ont été
prises plus près de l'équateur, faisant qu'il est difficile de voir les régions
polaires.
Les
changements principaux dans les émissions à l'intérieur de l'aurore au pôle
sud de Saturne sont visibles en comparant les deux images, qui ont été
prises à environ une heure d'intervalle. La tache la plus lumineuse dans
l'aurore de gauche faiblit, et une tache lumineuse apparaît au milieu de
l'aurore dans la deuxième image.
Faites
en balayant lentement l'instrument UVIS à travers la planète,
les images contiennent également plus de 2.000 longueurs d'ondes
d'informations spectrales dans chaque élément d'image. Les
chercheurs utiliseront l'information des longueurs d'ondes pour étudier les
aurores de Saturne, le gaz, et les brumes et leurs distributions changeantes.
Source
: P.G.J

Aurores
polaires sur Saturne le 7 janvier 1998 (Hubble).
STRUCTURE
INTERNE
La
structure interne de Saturne serait similaire à celle de Jupiter, avec un
noyau rocheux de silicates et de fer, entouré d'une couche d'hydrogène métallique,
puis d'hydrogène liquide, puis enfin d'hydrogène gazeux. Des traces de
glaces diverses seraient également présentes. Les transitions entre ces différentes
couches seraient progressives et la planète ne comporterait pas de surface à
proprement parler. La région du noyau possèderait entre 9 et 22 fois la
masse de la Terre.
Saturne
a une température interne très élevée, atteignant probablement 12 000 K
dans le noyau, et dégage plus d'énergie qu'elle n'en reçoit du Soleil. La
plupart de cette énergie provient d'un effet de compression gravitationnelle
(mécanisme de Kelvin-Helmholtz), mais cet effet ne suffit pas à lui seul à
expliquer la production thermique. Une explication proposée serait une
« pluie » de gouttelettes d'hélium dans les profondeurs de
Saturne, dégageant de la chaleur par friction en tombant dans une mer
d'hydrogène plus léger.

SATELLITES
On
connaît maintenant avec certitude l'existence autour de Saturne de soixante
satellites (seulement neuf avant Voyager).
-
Les satellites majeurs :
Mis
à part son plus gros satellite, Titan (2500 km de diamètre), Saturne
possède sept satellites moyens (plus de 150 km de diamètre),
constitués d'un agrégat de roches et de glace d'eau. Par ordre de
distance croissante à Saturne, on trouve : Mimas, Encelade, Téthys,
Dioné, Rhéa, Titan, Hypérion et Japet.
-
Les satellites mineurs :
Plus
petits (moins de 150 km de diamètre), de forme irrégulière,
semblables à des astéroïdes, ils étaient supposés au nombre de
dix. Par ordre de distance croissante à Saturne, ce sont Pan, Atlas,
Prométhée, Pandore, Épiméthée, Janus, Calypso, Télesto, Hélène
et Phoebé.
La
découverte de douze satellites supplémentaires, de type irréguliers
a été annoncée en 2000 : Ymir, Paaliaq, Siarnaq, Tarvos, Kiviuq,
Thrymr, Skathi, Mundilfari, Erriapo, Albiorix et Suttungr.
Un
satellite irrégulier a été découvert en 2003, Nervi.
En
2004, plusieurs satellites ont été découverts par la sonde Cassini
: Méthone, Pallène et Polydeuces (S2004 S5). Ses découvertes de
S2004 S3, S2004 S4 et S2004 S6 n'ont pas été confirmées. Une
douzaine de satellites ont été également découverts depuis la
Terre : Ægir, Bebhionn, Bergelmir, Bestla, Farbauti, Fenrir, Fornjot,
Hati, Hyrokkin et ceux qui ne sont pas encore nommés S2004 S7, S12,
S13 et S17.
Un
satellite a été découvert en 2005 par la sonde Cassini dans la
division de Keeler, entre Pan et Atlas : Daphnis.
En
2006, la découverte de nouveaux satellites faite à l'aide du télescope
de 8,2 m Subaru situé à Hawaii a été annoncée : S/2006 S1 à S8.
En
2007, des observations depuis la Terre permettent la découverte de
trois satellites : Tarqeq, S/2007 S2 et S3. La sonde Cassini découvre
quant à elle le 60 ème satellite : Anthée.
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